Nous voila sur le glacier. Il n’existe plus de chemin, mais juste un pierrier à perte de vue. C’est comme un océan figé dans une tempête avec des vagues de 40 mètres de haut. C’est un éboulis de roche posé sur des langues de glace. Il ne faut pas rester au même endroit car tout glisse et l’on risque d’être entrainé par toutes ses pierres. La difficulté est réelle d’autant que nous posons le camp qu’après 8 heures de marche. Nous campons dans ce pierrier à 4850 mètres d’altitude épuisés et anxieux de la journée qui nous attend.
Nous partons à 7 heures en pleine forme. A la fin du pierrier, nous attend un premier mur. Les guides installent les cordes pour nous soutenir dans ce chemin plus qu’escarpé. Après trois heures d’ascension nous voila sur un plateau neigeux, le spectacle est à couper le souffle, mais nous ne pouvons nous arrêter à cause des avalanches. Pendant trois heures encore nous progressons entre d’énormes billes de glace. Nous passons devant la sépulture sommaire de 3 alpinistes morts le mois dernier. Nous hâtons le pas. Devant nous, la dernière ascension, 600 mètres de pente neigeuse à gravir. A chaque petit plateau nous reprenons notre souffle tant que possible. Nous n’en voyons pas le bout.
Le vent se lève, nous sommes baladés de droite à gauche comme des poupées de chiffon. A force d’encouragements mutuels, nous arrivons au sommet. Nous n’osons pas y croire, et ce sont les quelques Allemands qui viennent nous serrer dans leurs bras, et nous faire prendre conscience de notre réussite. En larme nous savourons cet instant. Nous vivons et partageons un instant d’émotion rare. Nous avons bien passé ce col à 5800 mètres. Groggy, nous nous dirigeons vers une falaise pour y abriter notre tente. Nous l’installons péniblement, nous sommes à bout de force. Sans pouvoir finir nos noodles, nous nous glissons tremblant dans nos duvets. Le vent souffle toujours. Nous tentons de nous reposer, en prévision de la descente du lendemain.
C’est agréable de se réveiller et d’avoir le droit de nous reposer, voir même de ne rien faire à part dormir et manger. Nous en avons sacrément besoin. Ce matin de repos, nous paressons au soleil, thé et pancake à la main, puis au bord de la rivière, emmitouflés dans nos doudounes. Nous lisons au soleil avant que celui-ci ne disparaisse derrière les crêtes qui nous entourent.
Pour déjeuner nous avons du “Sain”, un mélange de purée de patate et de tsampa, farine de céréales locale. C’est servi avec une soupe de tomates échalottes. Le tout se mélange à la main, on fait un puits dans la purée, on verse la soupe et on malaxe. Ça n’a pas l’air comme ça, mais on se régale.
Nous restons à lire dans la maison où il y fait 8 degrés. Dehors les nuages envahissent la vallée. Le feux crépite à l’intérieur de la maison, mais ici, il n’y a pas de cheminée. c’est comme un feu de camp au milieu du salon. Le soir nous avons le droit au repas de tous les jours, Daal Bhat.
Le matin, réveil en plein forme. Nous attaquons la route vers Naa. Nous quittons le village de pierres. On marche au milieu de pics acérés, et les nuages ne tardent pas à nous rattraper. Au bout de quelques temps nous marchons dans les nuages. Par instant un pic enneigé apparait, c’est magique. Naa est aussi un village de pierres camouflé au milieu d’autres pierres. l’après-midi nous escaladons 200metres pour nous acclimater. Nous souffrons juste d’un léger mal de tête.
Le lendemain vers 9h, nous quittons Naa tranquillement pour rejoindre la dernière Tea House avant de passer Tesi Lapcha. Même si l’étape ne dure que 4 heures, elle est difficile à cause de l’altitude et les chemins sont de plus en plus durs. Nous longeons une petite rivière qui slalome entre les montagnes vertigineuses. Notre camp est en contrebas d’un lac. Nous passerons aussi la journée du lendemain à nous reposer, à nous acclimater et à attendre une équipe d’alpinistes allemands avec qui nous passerons le col de Tesi Lapcha.
Les Isbas sont les maisons typiques de Russie et de Sibérie. Ces maisons sont construites toute en planche de bois. La façade et l’encadrement des fenêtres sont ornementées avec l’utilisation très simple de ces planches.
Pour la façade il suffit de jouer sur le sens d’apposition des planches créant ainsi un motif (En V,en carré en lignes…).Les fenêtres sont encadrées par des planches au profil découpé et peint (Les chalets Suisses semblent s’en être inspirés). Les couleurs récurrentes sont: le bleu le vert le blanc, et parfois le jaune et le rouge.
Rentré le 26 Septembre 2009 après 13 mois de voyage autour du monde.
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