Népal - Notre Tour

NOTRE TOUR

A l’assaut de Tesi Lapcha (4/6)

4 novembre 2008 - Tesi Lapcha (alt:5800) 

Népal

Nous voila sur le glacier. Il n’existe plus de chemin, mais juste un pierrier à perte de vue. C’est comme un océan figé dans une tempête avec des vagues de 40 mètres de haut. C’est un éboulis de roche posé sur des langues de glace. Il ne faut pas rester au même endroit car tout glisse et l’on risque d’être entrainé par toutes ses pierres. La difficulté est réelle d’autant que nous posons le camp qu’après 8 heures de marche. Nous campons dans ce pierrier à 4850 mètres d’altitude épuisés et anxieux de la journée qui nous attend.

Nous partons à 7 heures en pleine forme. A la fin du pierrier, nous attend un premier mur. Les guides installent les cordes pour nous soutenir dans ce chemin plus qu’escarpé. Après trois heures d’ascension nous voila sur un plateau neigeux, le spectacle est à couper le souffle, mais nous ne pouvons nous arrêter à cause des avalanches. Pendant trois heures encore nous progressons entre d’énormes billes de glace. Nous passons devant la sépulture sommaire de 3 alpinistes morts le mois dernier. Nous hâtons le pas. Devant nous, la dernière ascension, 600 mètres de pente neigeuse à gravir. A chaque petit plateau nous reprenons notre souffle tant que possible. Nous n’en voyons pas le bout.

Le vent se lève, nous sommes baladés de droite à gauche comme des poupées de chiffon. A force d’encouragements mutuels, nous arrivons au sommet. Nous n’osons pas y croire, et ce sont les quelques Allemands qui viennent nous serrer dans leurs bras, et nous faire prendre conscience de notre réussite. En larme nous savourons cet instant. Nous vivons et partageons un instant d’émotion rare. Nous avons bien passé ce col à 5800 mètres. Groggy, nous nous dirigeons vers une falaise pour y abriter notre tente. Nous l’installons péniblement, nous sommes à bout de force. Sans pouvoir finir nos noodles, nous nous glissons tremblant dans nos duvets. Le vent souffle toujours. Nous tentons de nous reposer, en prévision de la descente du lendemain.

De Beding à Chughima (3/6)

2 novembre 2008 - Chughima (alt:4700) 

Népal

C’est agréable de se réveiller et d’avoir le droit de nous reposer, voir même de ne rien faire à part dormir et manger. Nous en avons sacrément besoin. Ce matin de repos, nous paressons au soleil, thé et pancake à la main, puis au bord de la rivière, emmitouflés dans nos doudounes. Nous lisons au soleil avant que celui-ci ne disparaisse derrière les crêtes qui nous entourent.

Pour déjeuner nous avons du « Sain », un mélange de purée de patate et de tsampa, farine de céréales locale. C’est servi avec une soupe de tomates échalottes. Le tout se mélange à la main, on fait un puits dans la purée, on verse la soupe et on malaxe. Ça n’a pas l’air comme ça, mais on se régale.

Nous restons à lire dans la maison où il y fait 8 degrés. Dehors les nuages envahissent la vallée. Le feux crépite à l’intérieur de la maison, mais ici, il n’y a pas de cheminée. c’est comme un feu de camp au milieu du salon. Le soir nous avons le droit au repas de tous les jours, Daal Bhat.

Le matin, réveil en plein forme. Nous attaquons la route vers Naa. Nous quittons le village de pierres. On marche au milieu de pics acérés, et les nuages ne tardent pas à nous rattraper. Au bout de quelques temps nous marchons dans les nuages. Par instant un pic enneigé apparait, c’est magique. Naa est aussi un village de pierres camouflé au milieu d’autres pierres. l’après-midi nous escaladons 200metres pour nous acclimater. Nous souffrons juste d’un léger mal de tête.

Le lendemain vers 9h, nous quittons Naa tranquillement pour rejoindre la dernière Tea House avant de passer Tesi Lapcha. Même si l’étape ne dure que 4 heures, elle est difficile à cause de l’altitude et les chemins sont de plus en plus durs. Nous longeons une petite rivière qui slalome entre les montagnes vertigineuses. Notre camp est en contrebas d’un lac. Nous passerons aussi la journée du lendemain à nous reposer, à nous acclimater et à attendre une équipe d’alpinistes allemands avec qui nous passerons le col de Tesi Lapcha.

Dans la vallée du Rolwaling (2/6)

31 octobre 2008 - Beding (alt:3200m) 

Népal

Nous avions raison de penser que la première étape était un échauffement, et heureusement car la nuit a été agitée et peu reposante. En plein milieu de la nuit Nath tombe nez à nez sur une araignée (énorme). J’en suis vite avisé, et préfère partager ma couche plutôt que me lever et partir au combat. Le reste de la nuit est inconfortable.

Le Matin nous marchons 2h avant de prendre le déjeuner avant d’attaquer les 600 mètres de dénivelé de l’après-midi. Nous arrivons sur les genoux, d’autant que nous aurons à les redescendre demain. Dawa nous a proposé ce détour pour nous montrer son village et nous présenter à sa famille. L’accueil est très chaleureux. Le diner avalé, nous tombons.

Le matin nous prenons le temps de profiter du lieu, de visiter un monastère bouddhiste, et de rendre visite à l’oncle de Dawa un important Lama de la région. Nous ne regrettons pas le détour, le Lama nous reçoit comme des papes, nous bénit, et nous remet l’étole blanche, signe de bonne chance aux voyageurs.

Les 600 mètres vite descendus, nous déjeunons et attaquons l’autre versant. Celui-ci est plus court mais bien plus abrupte. Un véritable chemin de croix. Nous arrivons à la même altitude que la veille et en avance sur les pronostiques de notre guide mais toujours derrière notre coolie (porteur), bien qu’il soit en claquette, et qu’il porte deux fois notre charge. Même si nous arrivons bien fatigué, on sent que le métier commence à rentrer.

Nous dormirons sous la tente. Et ce n’est pas négociable, Nath est encore sous le choc de sa rencontre de la nuit dernière. Le lendemain nous quittons Simigaon pour rejoindre Donga. L’étape est assez longue, les villages se faisant de plus en plus rares. C’est dans les « Tea House » que nous déjeunons. Le repas est tous les jours le même, mais toujours copieux et riche. C’est le fameux Daal Bhat (riz, légumes, et soupe de lentilles). Pas de quoi se plaindre. A cette altitude la végétation est luxuriante et bien que chaotique les chemins sont agréables. Nous arrivons à Donga sans trop de fatigue, on tente même une toilette dans la rivière. Nous mettrons plusieurs heures à nous remettre du froid. Nous passons la nuit sous la tente, les nuits sont de plus en plus fraiches.

L’étape du lendemain, est encore plus longue et surtout sans possibilité de déjeuner. D’ailleurs elle commence mal. Nous ne sommes pas parti depuis une heure que Nathalie s’effondre abasourdie par les effets de l’altitude. Elle est comme ivre. Après avoir retrouvée ses esprits, malgré nos réticences, il n’est pas question pour elle de redescendre, elle veut continuer.

Plus nous progressons, plus l’altitude et le le manque d’oxygène se fait sentir. Nous bouclons cette étape à bout de force. Nous passerons deux nuits à Beding (3200m) pour nous reposer et nous acclimater. Il était temps.

Depart pour le trek (1/6)

26 octobre 2008 - à Jargat 

Népal

Le téléphone vient de sonner, c’est Dawa notre guide, il vient nous chercher dans vingt minutes pour être à 20h à la gare routière. Après une journée d’attente, nous voila dans le bus en direction de Singati le point de départ de notre aventure dans l’Himalaya.

Une nuit d’enfer, 15h pour faire 150 Km. Le bus est bondé, un vingtaine de Népalais feront le trajet sur le toit. Notre sort n’est pas loin du leur. Notre fenêtre n’a pas de vitre, nos affaires chaudes sont sur le toit, et les nuits à 3000 sont fraiches. Il ne nous reste plus qu’a apprécier la chaleur de nos voisins de bus.

Au petit matin nous changeons de bus pour descendre dans la vallée du Rolwaling. Encore une fois les paysages sont magnifiques, mais après les déserts mongoles, nous sommes dans une jungle tropicale. Nous arrivons à Singati pour le déjeuner. Nous passons l’après-midi à nous remettre de nos émotions et à jouer avec les enfants du village. L’instantané du numérique provoque un attroupement de gamins, tous désireux de se voir dans le petit écran.

Couchés 22h, réveillés 6h30. La première étape fait 16km sur un terrain relativement plat, mais mieux vaut partir tôt pour éviter le soleil. Nous suivons une grande riviere. Les chemins sont parfois escarpés, mais nous bouclons l’étape en 4 heures. Cette journée est un échauffement pour les jours à venir… Après-midi, lecture, lessive, et repos au bord de la rivière.

Journée de préparation avant le depart

21 octobre 2008 - à Katmandu 

Népal

Encore une journée de plus pour profiter de Katmandu en attendant le grand départ.

Pour décrire Katmandu, et entre autre le quartier de Thamel, il faut imaginer des rues de 5 à 6 mètres de large bordées par des boutiques d’articles de montagne, des boutiques de vêtements du standard babacool, et des boutiques de souvenirs. Ensuite il faut une ambiance sonore. En effet, les rues sont saturées de voitures, de rickshaws, de motos, qui rivalisent à coups de klaxons. Ajoutez une bonne dose de touristes, des ermites hindous, des mendiants, des vendeurs de rue qui apostrophent les étrangers, et vous avez l’ambiance de Katmandu.

Hier nous avons acheté notre matériel pour le trek, doudounes, moufles, guêtres,… nous espérons les revendre à des magasins de seconde main à notre retour. Aujourd’hui nous avons fait le plein de nourriture. Des kilos de porridge, muesli, riz cuit, et nouilles seront notre quotidien.
Notre guide nous a emmené voir la grande Stoupa, et le temple des singes.

Ce soir nous passons une dernière nuit à l’hôtel alors que tout Katmandu est plongé dans le noir faute de courant. Le notre est muni d’un groupe électrogène nous permettant d’écrire cet article.

Notre guide devrait venir nous chercher demain matin vers 6h pour prendre le bus si celui-ci n’est plus perturbé comme il l’était aujourd’hui.

PS : Peu de photos pour aujourd’hui, le chargement des photos étant trop lent.

Les outils

 

Google Map: Népal - Journée de préparation avant le depart

 

Informations

Rentré le 26 Septembre 2009 après 13 mois de voyage autour du monde.

Retrouvez les photos directement sur Flickr